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LE SECOND "DEED OF GIFT"

Catégorie : 1885 : DEFI N°5

NYYC's Annual Regatta 1868 by Currier & IvesLes problèmes du New York Yacht Club

Le challenge du Canada en 1881 a été si négatif à tous points de vue qu'il a convaincu les membres du New York Yacht Club que certaines mesures devaient être prises pour se prémunir contre de tels fiascos dans l'avenir.

Les vrais yachtmen ont estimé que le véritable esprit de l'America's Cup avait été bafoué par un yacht à peine fini, mal équipé, handicapé par le manque de fonds et qui était venu à ce pays par la «puissance des mules», incliné pour passer par un canal de six pieds de profondeur.

Ils croyaient que les donateurs de la Coupe avaient voulu qu'elle soit une incitation pour les yachts étrangers de traverser la mer pour la course et donc, dans une certaine mesure, de prouver leur navigabilité ainsi que leur vitesse.

Des dépenses excessives

Sloop Yacht Pocahontas of New YorkEn outre, la défense de la Coupe devenait une affaire coûteuse pour le club et les membres estimaient que la dépense devait être justifiée. Avec la construction du défenseur éliminé Pocahontas, le New York Yacht Club avait gaspillé $20 000, ce qui semblait une bonne somme d'argent dans ces jours. À la lumière des dépenses actuelles pour la défense de la Coupe, il s'agissait d'une bagatelle mais les anciens membres du Club auraient-ils pu penser que, moins de 20 ans plus tard, quatre défenseurs seraient spécialement construits ou que, moins de 30 ans plus tard, on dépense quelque chose comme 350 000 $ pour construire et faire courir Reliance.

La construction et l’équipement de Reliance ont probablement coûté 250 000 $ auxquels if faut ajouter les dépenses de fonctionnement avec un équipage de cinquante hommes. En comparaison avec le coût du vainqueur initial de la Coupe qui était de 20.000 $ avec un petit équipage de dix hommes, cela semble une fortune à dépenser uniquement pour la défense de la Coupe.

Le second «deed of gift»

Ce sentiment a été exprimé en Décembre 1881, lors d'une réunion du New York Yacht Club, où il a été voté pour rendre la Coupe au seul membre survivant du syndicat de l'America, M. George L. Schuyler, et lui demander d'élaborer un nouvel acte de donation à la place de celui fait en 1857 qui était jugé insuffisant et trop lourd pour le club détenteur.

Il était nécessaire de définir de nouvelles conditions de courses pour éviter les nombreux points qui avaient causé la controverse et le sentiment de malaise dans le passé.

Le temps était venu pour un tel changement et M. Schuyler accepta le retour de la Coupe et rédigea un nouvel acte de donation qui a été accepté le 2 Février 1882. Ce nouvel instrument appelé le second «deed of gift» était comme suit :

Any organized Yacht Club of a foreign country, incorporated, patented or licensed by the legislature, admiralty, or other executive department, having for its annual regatta an ocean water course on the sea or on an arm of the sea (or one which combines both), practicable for vessels of 300 tons, shall always be entitled, through one or more of its members, to the right of sailing a match for this Cup, with a yacht or other vessel propelled by sails only, and constructed in the country to which the Challenging Club belongs, against any one yacht or vessel as aforesaid, constructed in the country of the club holding the Cup.

George L. Schuyler“The yacht or vessel to be of not less than 30 nor more than 300 tons, measured by the Custom House rule in use by the country of the challenging party.

“The challenging party shall give six months' notice in writing, naming the day for the proposed race, which day shall not be less than seven months from the date of the notice.

“The parties intending to sail for the Cup may, by mutual consent, make any arrangement satisfactory to both as to the date, course, time allowance, number of trials, rules, and sailing regulations, and any and all other conditions of the match, in which case also the six months’ notice may be waived.

“In case the parties cannot mutually agree upon the terms of a match, then the challenging party shall have the right to contest for the Cup in one trial, sailed over the usual course of the Annual Regatta of the club holding the Cup, subject to its rules and sailing regulations, the challenged party not being required to name its representative until the time agreed upon for the start.

“Accompanying the six months' notice, there must be a Custom-house certificate of the measurement, and a statement of the dimensions, rig, and name of the vessel.

“No vessel which has been defeated in a match for this Cup can be again selected by any club for its representative until after a contest for it by some other vessel has intervened, or until after the expiration of two years from the time such contest has taken place.

“Vessels intending to compete for this Cup must proceed under sail on their own bottoms to the port where the contest is to take place.

“Should the club holding the Cup be for any cause dissolved, the Cup shall be handed over to any club of the same nationality it may select which comes under the foregoing rules.

“It is to be distinctly understood that the Cup is to be the property of the club and not of the owners of the vessel winning it in a match, and that the condition of keeping it open to be sailed for by organized Yacht Clubs of all foreign countries, upon the terms above laid down, shall forever attach to it, thus making it perpetually a Challenge Cup for friendly competition between foreign countries.

George L. Schuyler

Les principaux points de différence

  1. obligation du club defender de rencontrer le challenger avec un yacht, et un seul, pour toute la série de courses constituant le match;
  2. obligation pour le challenger de venir à la voile par ses propres moyens, pas de remorquage ou de traversée sur le pont d'un bateau à vapeur;
  3. interdiction à un yacht battu de contester à nouveau pendant deux ans;
  4. élimination du Canada comme challenger dans les courses à venir, à l'exception des clubs dans le Dominion qui sont situés sur la côte.


La clause du "consentement mutuel" pour fixer les détails des matchs a été maintenue, et l'article du préavis de six mois a été renforcé compte tenu de la nécessité que pourrait avoir le club détenteur de construire un bateau pour répondre à un challenger de taille ou de gréement différent de n'importe quel bateau existant au club.

Ces nouvelles conditions ont été comme une gifle aux clubs canadiens des Grands Lacs et ont entraîné beaucoup de critiques au New York Yacht Club dans les journaux canadiens.

Le New York Yacht Club a envoyé une copie du nouveau «deed of gift» à tous les yacht-clubs étrangers avec une lettre cordiale exprimant l'espoir que la Coupe serait encore une source de conflits amicaux sur l'eau, et promettant à tout challenger "un accueil chaleureux, et le plus strict fair-play".